Après Microsoft, Samsung annonce un partenariat avec le Comité d'organisation du Sommet mondial sur la société de l'information (COSMSI). Selon l'article la firme sud-coréenne va apporter une contribution de 300 000 dollars américains, dont moitié en numéraires et moitié en équipements, notamment des écrans géants dotés de la technologie Plasma. En échange, le COSMSI s'engage à donner la visibilité la plus grande possible aux produits Samsung durant toute la durée de la manifestation. En clair, une publicité maximale aux produits Samsung. Le secteur privé sera en force au SMSI.

Le SMSI est en train de se transformer, par la volonté de l'organisation locale au moins, en une vraie foire technologique où les géants mondiaux vont se livrer une compétition sans merci. Au risque sans aucun doute de faire passer au second plan les vrais enjeux du sommet.

On peut aussi se demander s'il est réellement légal qu'une société puisse se présenter comme partenaire (et pas simplement sponsor) d'un sommet de l'ONU. Je ne suis pas expert dans le domaine donc si quelqu'un a la réponse merci de m'éclairer.

La présence comme partenaire principal de Microsoft est encore plus problématique, pour la diversité et notamment pour le logiciel libre. Lors de la première phase on a vu les efforts de la délégation américaine pour réduire la place du logiciel libre. Et on sait bien que Microsoft et le gouvernement américain c'est kif kif bourricot. La proposition de nommer un juriste pro-Microsoft pour représenter les États-Unis à l'Union européenne en est que le dernier exemple.

Dans mon billet d'hier j'ai oublié de préciser que le président du COSMSI était le Général Habib Ammar. Réparons cette erreur et rappelons qui est ce sinistre personnage.

Selon l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), le Général Habib Ammar est considéré comme le principal responsable de la torture en Tunisie dans les années 80. Il a exercé les fonctions de Commandant de la Garde Nationale de 1984 à 1987 période au cours de laquelle la torture a été pratiquée de manière systématique dans le pays. Suite au coup d'état de novembre 1987 par le Général Ben Ali, le Général Habib Ammar a été nommé Ministre de l'Intérieur. Pendant la période où il était ministre, les locaux du Ministère de l'intérieur ont été transformés en centre de détention et de torture.

Finalement, le SMSI à Tunis risque d'être « ferme tes logiciels et ta gueule ».