Clairement il va y avoir beaucoup de boulot dans les années à venir pour garantir la sécurité de développement du logiciel libre. Et à l'ère du numérique, qui est notre avenir commun, la liberté informatique conditionnera de plus en plus demain notre capacité à exercer d'autres libertés fondamentales. Richard Stallman, président de la Fondation pour le Logiciel Libre l'explique bien :

« Toutes les libertés dépendent de la liberté informatique, elle n'est pas plus importante que les autres libertés fondamentales mais, au fur et à mesure que les pratiques de la vie basculent sur l'ordinateur, on en aura besoin pour maintenir les autres libertés. Profitant de la faiblesses de la démocratie contemporaine, les grandes entreprises sont en train de prendre le contrôle de l'État, ce sont elles qui contrôlent les lois, pas les citoyens. Ça a commencé avec le Digital Millenium Copyrigt Act aux États-Unis, puis elles ont imposé des directives européennes dans leur intérêt. » Écrans 26/06/2006.

Il faut donc agir chacun à son niveau.

Il faut que chacun continue de nourrir le débat citoyen et informe autour de soi pour que la liberté informatique devienne un enjeu de société. Nicolas Sarkozy n'a certes pas un programme et un bilan favorable au logiciel libre mais il n'est pas forcément le seul dans ce cas. Dans tous les partis, organisations politiques, syndicales (salariées ou patronales) il y a beaucoup de travail de sensibilisation à effectuer. Si le coeur vous en dit, rejoignez un parti ou organisation proche de vos idées. Vous participerez ainsi à changer le logiciel de ces organisations.

Et puis, surtout, il faut renforcer les structures qui agissent pour promouvoir et défendre le logiciel libre et les structures qui agissent pour défendre les libertés fondamentales.

Dans le monde du logiciel libre l'APRIL s'est fixé pour mission de promouvoir le Logiciel Libre dans tous les domaines, et de défendre les droits des auteurs et des utilisateurs de logiciels libres quelqu'ils soient. L'association est devenue en dix ans le partenaire privilégié pour les particuliers, entreprises et institutions dans le monde du logiciel libre. Je travaille comme délégué général de cette association qui participe à la création et à la défense d'un écosystème (social, économique, politique et juridique) favorable au logiciel libre.

Des exemples d'actions de défense des acteurs du logiciel libre : participation à l'initiative EUCD.INFO, dépôt au Conseil d'État d'une requête en annulation contre le décret du 23 décembre 2006 «relatif à la répression pénale de certaines atteintes portées au droit d'auteur et aux droits voisins», actions contre le projet de décret visant à créer une commission de déontologie des services de communication au public en ligne, communication à l'AFNOR de remarques concernant la procédure d'adoption rapide pour le format bureautique ECMA-376 Office Open XML (lire également le rapport moral synthétique 2006 ou le rapport moral 2006 complet).

Fondamentalement, les citoyens, entreprises, institutions qui produisent et/ou utilisent du logiciel libre ont intérêt à ce qu'il se démocratise et à ce qu'une législation adaptée sur le plan des brevets et du droit d'auteur favorise son développement et sa pénétration dans la société. Mais cela ne se fait pas tout seul et le citoyen, le chef d'entreprise... n'a pas forcément le temps de se faire militant. L'objectif de l'APRIL est d'établir une structure de promotion et de défense du libre avec des moyens à la hauteur des enjeux. C'est à dire de pérenniser et de renforcer son équipe de permanents, capables de suivre les dossiers dans la durée.

Le fait de regrouper des individus, des enseignants, des associations, des entreprises fait que l'APRIL a une représentativité bien plus claire et un poids bien plus important auprès de ses interlocuteurs. L'APRIL avait au 1er juillet 2006 343 adhérents, elle a aujourd'hui 690 adhérents. L'association vient même d'avoir la première adhésion d'une société utilisatrice (et non productrice) de logiciels libres. En moins d'un an l'association a doublé le nombre de ses adhérents, mais ce n'est pas encore suffisant. La plupart des personnes qui adhèrent à l'APRIL indiquent que, au-delà des actions de promotion, les actions de défense du logiciel libre sont la principale motivation pour adhérer.

L'action de l'APRIL, grâce à ses bénévoles et son équipe de permanents, est précieuse pour tout ceux qui produisent et/ou utilisent du logiciel libre. Les années qui viennent seront encore plus actives. Pour encore mieux promouvoir le logiciel libre, sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux des standards ouverts et de défendre politiquement et juridiquement le logiciel libre il faut qu'une association comme l'APRIL augmente son nombre d'adhérents et de soutiens. L'APRIL a besoin du soutien de tous. Il n'y a pas forcément besoin de devenir un adhérent actif.

Adhérer ou faire un don à l'APRIL permet de mutualiser les moyens pour agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable. C'est maintenant, plus encore qu'avant, que nous avons besoin de structures fortes et pérennes.

Rejoignez maintenant l'APRIL pour renforcer une dynamique gagnante.

Avant qu'il ne soit réellement trop tard.

« A force de repousser l’essentiel au nom de l’urgence…on en oublie l’urgence de l’essentiel » Edgar Morin.