Rappelons en effet que Christine Albanel s'était permis le mois dernier de faire un petit chantage à Free concernant leur demande d'attribution de la quatrième licence de téléphonie 3G. Le communiqué de la ministre de la Culture était des plus clairs, lire sa conclusion :

«La Ministre considère que l'engagement tangible de Free dans la lutte contre le piratage est un prérequis essentiel à l'examen de leur dossier d'attribution d'une 4e licence de téléphonie 3G.»

On lira avec intérêt l'article de PC INpact qui invente le néologisme « Albanelerie ».

Comme le relevait l'article de PC INpact pas de tel chantage envers Neuf Cegetel. Rien de surprenant quand on se souvient que Jacques Veyrat avait pris soin début septembre d'indiquer qu'il était parfaitement en phase avec la volonté du gouvernement de mettre en place la « risposte graduée », voir l'article Piratage : un nouvel allié pour l'approche radar, Neuf Cegetel. Une petite citation :

« Nous, fournisseurs d'accès à Internet, nous ne savons pas avoir des pouvoirs de police et de contrôle. En revanche nous réclamons la création d'une autorité indépendante qui soit capable de mettre des contraventions comme les radars sur les routes. Aujourd'hui, vous avez une éducation qui s'est faite sur les routes, on peut faire la même chose avec des autorités indépendantes qui voudraient verbaliser ceux qui téléchargent de façon illégale.»

Tiens on croirait lire le rapport de la mission Olivennes et le texte de l'«Accord pour le développement et la protection des oeuvres et programmes culturels sur les nouveaux réseaux» signé il y a quelques jours à l'Élysée. Accord signé bien sûr par Neuf Cegetel et Free (voir la liste des signataires) qui a bien compris le message de la ministre de la Culture.

Rappelons au passage que Vivendi possède 40,5% de Neuf Cegetel via l'opérateur mobile SFR. qui est l'un des propriétaires de l'une des trois licences 3G.

Qui va décider au final de l'attribution de la quatrième licence 3G? Le meilleur élève « anti-piratage » selon Christine Albanel ou plutôt selon Nicolas Sarkozy qui semble être le seul réel décisionnaire sur ce sujet ?

Dire que les artistes pensent que l'«Accord pour le développement et la protection des oeuvres et programmes culturels sur les nouveaux réseaux» a été signé pour les sauver et sauver la culture.