Le communiqué April sur OOXML (« OOXML : la norme adoptée d'avance ») se terminait ainsi :

« Les représentants de la DGE et de la DGME étaient clairement en faveur du non lors de la réunion de clôture des travaux de la commission. Pourquoi ce changement d'avis de dernière minute ? Les documents envoyés par Microsoft n'apportant aucun élément nouveau doit-on en conclure que la DGME et la DGE ont changé d'avis sur instructions ? Sur instructions de qui ? » se demande Frédéric Couchet, délégué général de l'April.

L'article de PC INpact (« L'AFNOR explique son abstention sur la normalisation d'OOXML » disait aussi

« Toutefois, à ce sujet, Frédéric Couchet, délégué général de l'April, nous a indiqué que l'organisme était parti initialement sur un « non », et qu'il s'est manifestement passé quelque chose d'important, comme un ordre émanant par exemple de l'Élysée ou du ministère des finances. »

Un article très complet sur l'affaire Afnor, avec un joli dessin de François Cointe, donne une piste de réponse (« OpenXML est normalisé... le processus de vote de la France, lui, l'est moins ») :

Au sein de l'administration, court la rumeur que le revirement français aurait été dicté de l'Elysée, par le conseiller spécialisé dans les nouvelles technologies, Franck Suplisson. « Les experts de l'administration ont gardé leur position négative jusqu'au dernier moment, mardi 25. Après c'est le trou noir... », reprend notre interlocuteur.

Il y a une erreur dans le nom du conseiller TIC, il s'agit de Franck Supplisson. Celui-ci était dans les 10 candidats potentiels de ZDNet pour le poste de Ministre de l'Economie numérique.

Les instructions de changement de position de la DGE et DGME seraient donc venues directement de l'Elysée. L'article est signé Reynald Fléchaux (ancien rédacteur en chef du Monde Informatique) on peut donc supposer qu'il a de bonnes sources. Outre ses échanges épistolaires avec l'Afnor, Eric Boustouler, président de Microsoft France, aurait-il écrit également à Nicolas Sarkozy ?

La commission européenne aurait ouvert une enquête sur les irrégularités concernant la procédure de vote. Bertrand Lemaire indique dans un article :

Selon nos informations, la Commission Européenne aurait envoyé un courrier à ces différents organismes pour leur demander s'ils avaient subi des pressions. Si Frédéric Bon a nié l'existence de pressions « particulières », Olivier Peyrat a, quant à lui, très sèchement refusé de confirmer ou d'infirmer la réception de cette lettre et, plus encore, d'apporter le moindre commentaire : « Aucun commentaire. S'il y a enquête, nous répondrons à l'enquête. Je n'en dirai pas plus ».

En tout cas, au sein de la commission de normalisation, nous ne sommes au courant de rien concernant cette enquête.