Tout d'abord, les réactions s'organisent, notons par exemple :

Côté presse, quelques articles :

Rappelons que, sur son site, l'INPI indique participer activement à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine de la propriété industrielle et de la lutte anti-contrefaçon. Les concepts communautaires du libre sont donc sans doute aux antipodes de sa raison d'être. Et puis, l'INPI a sans doute mal digéré le bras de fer perdu au niveau européen contre la communauté du libre sur la question des brevets logiciels. Reste que l'on peut s'étonner que deux établissements publics puissent, de concert, pratiquer la censure des idées. A moins qu'il ne s'agisse d'une (mauvaise) contrefaçon des idées de la République...

Le libre serait-il devenu politiquement incorrect ? Si cela se confirme, il faudrait prévenir les nombreuses administrations françaises qui l'utilisent...

L’affaire fait jaser le Net depuis plusieurs jours : dans le cadre de son exposition consacrée à la contrefaçon, la Cité des Sciences et de l’industrie devait proposer à ses visiteurs un court texte écrit par Isabelle Vodjani sur les vertus du logiciel libre, une initiative heureuse au sein d’un véritable vitrine sur le droit d’auteur, copyright et autres joyeusetés, que d’aucuns taxent d’ores et déjà de passe-plat pour l’ACTA.

Le communiqué censé apaiser la situation commence plutôt mal, puisqu'il explique que « l’INPI et la Cité sont accusés par certains blogs de «censurer» le logiciel libre ». L'information avait pourtant été reprise par tous les sites d'information majeurs. Mais on imagine que cinq gus dans un garage ne constituent pas vraiment une rédaction aux yeux de l'INPI...

Une déclaration qui n'a manifestement pas convaincu le Parti pirate. Dans un communiqué diffusé aujourd'hui, le mouvement estime que "sous son emballage pédagogique à destination du grand public, et des enfants en particulier, transparaît l'endoctrinement et la propagande". Le ton est donné. "Le domaine public, le droit de citation ou les licences Libres sont autant de moyens de diffuser largement le patrimoine culturel et les richesses immatérielles, en toute légalité" note la formation politique. Dès lors, la participation d'Isabelle Vodjani était une bonne occasion de montrer l'existence d'une voie alternative légale au droit d'auteur.

La Cité des Sciences a toujours bien accueilli les manifestations liées au libre, la censure n'est pas de leur fait, même s'ils ont dû la mettre en application. Pour ce qui est de l'INPI, c'est une question qu'il faudra leur poser. A mon avis il s'agit d'une maladresse fatale, au sens où elle était prévisible, vu la position exacerbée des tenants du tout propriétaire face au modèle du libre. On sait bien que le Libre peut être producteur de richesses, mais pas dans le cadre de leur business-model. Bon, c'est leur boutique, ils ne vont pas lâcher le morceau de bon coeur, et il ne faut donc pas s'attendre à un comportement raisonnable de leur part.

La Cité des Sciences est elle aussi un établissement public, qui selon sa présidente Claudie Haigneré a vocation à "promouvoir, sur tout le territoire et avec l’ensemble des partenaires de terrain, le rayonnement de la culture scientifique et technique". Or le logiciel libre est une part importante de la culture scientifique et technique française. L'exclure en obéissant aux injonctions de l'INPI est contraire aux objectifs de l'établissement.