L'April a publié une page expliquant pourquoi le terme de «propriété intellectuelle» est fallacieux et expliquant les dérives actuelles notamment du droit d'auteur, du brevet.

En 2005, j'avais publié avec mon ami Benoît Sibaud, un article «Enjeux des logiciels libres face à la privatisation de la connaissance» dont voici un extrait:

«Enfin, dans le cadre de leur politique de lobbying, les «serial-breveteurs» et les partisans du contrôle renforcé sur les œuvres se livrent aussi à des batailles sémantiques. Ainsi, pour marquer les esprits, il convient de recourir au terme «piratage» pour parler de contrefaçon (terme juridique approprié), voire de «piraterie» pour associer les délinquants de la copie à de dangereux criminels des mers qui violent, pillent et tuent. Il leur faut bien sûr éviter le terme contrefaçon et lui préférer la notion de vol, ainsi que toute la terminologie associée aux biens matériels. Lorsqu’il est donné, un bien n’est plus utilisable par l’ancien propriétaire, alors qu’une idée ou un logiciel peuvent être copiés et être toujours utilisables par les deux personnes. Mais même si le matériel et l’immatériel sont très différents, il est important pour les partisans du contrôle renforcé d’associer l’immatériel à la notion de propriété. Ils recourent donc à l’expression «propriété intellectuelle», qui a en plus le bon goût de regrouper allègrement droit d’auteur, brevets, modèles et dessins ainsi que les marques, comme s’il s’agissait d’un tout uni, alors que chacune de ces branches du droit est bien différente des autres. Regrouper ces notions diverses permet donc de faire croire qu’il faut traiter toutes ces branches identiquement, et perturbe les discussions lorsqu’elles ne concernent qu’un seul des domaines.»